Vie
Une HISTOIRE longue de 17 générations : celle des Duboux à Epesses
Le commencement
Chaque fois que je regarde ces hauts murs de pierre,
je songe à ces moines cisterciens qui défrichèrent nos collines
abruptes et rocailleuses au prix d’efforts inouïs,
soutenus par leur seule foi… et leur penchant pour le jus de treille.
C’était au XII siècle.
Pour déboiser le seul coteau du Dézaley,
il leur fallut quelque vingt ans.
Puis apparurent les premiers vignerons-tâcherons
liés aux religieux par des contrats à mi-fruit ou à tiers-fruit.
Parmi eux se trouvaient mes ancêtres.
La transmission d’un art
Il y a eu beaucoup à faire pour améliorer ces terrains,
au fil du temps,
de génération en génération,
de propriétaire en propriétaire.
C’est Ramuz qui a dit :
« Il y a comme une force dans ces lignées d’hommes
restés aux mêmes lieux,
dans les mêmes idées
et se les repassant, et se les transmettant.
Ils ne meurent pas tout à fait ! »
Ce sont eux qui nous laissé
ce paysage où tout a été façonné
par l’homme pour apprivoiser la vigne.
En contemplant ces murets innombrables
soutenant leurs charmus entre le ciel et l’eau,
comme pour les offrir au soleil,
on ne doute plus
que la main du vigneron soit celle d’un artiste.
C’est au XVe siècle que remontent les origines des Duboux en Lavaux.
Et je crois que la passion qui anime aujourd’hui notre famille est celle qui poussa mes ancêtres à créer notre domaine.
Si vous passez par Epesses, venez donc à la maison : bien mieux que mes mots, le vin de nos vignes saura vous conter notre longue et belle histoire.
La famille
17 générations de vignerons se sont succédé à Lavaux, entre Grandvaux, Lutry et Epesses. Plus de 500 ans d’histoire de la famille Duboux dans les vignes de Lavaux.
Vincent Duboux a aujourd’hui laissé à son fils, Blaise, le soin de reprendre la destinée du domaine jusqu’à ce que à son tour il puisse le passer à la génération suivante.
Son père, son grand-père, son arrière-grand-père, et tant d’autres avant eux, en hommes de tradition, surent prendre les bonnes décisions.
C’est à eux que nous devons aujourd’hui de pouvoir travailler ce domaine que d’autres après nous cultiveront.
La recherche constante de qualité
Plus j’y travaille,
plus je prends conscience de l’importance de préserver ces terres
et notre environnement.
Et plus je me dis que c’est dans cette conscience que je ferai
en sorte que ces terres donnent le meilleur d’elles-mêmes :
la qualité supérieure.
C’est l’attachement à ces valeurs et à la qualité de mes vins
Le climat en Lavaux
Le ciel aussi est bon envers Lavaux
puisque de toute la Suisse, c’est la région
où la température moyenne est la plus douce.
Le soleil y brille 1800 heures par année.
Le lac Léman, formidable réservoir thermique,
ajoute sa contribution,
et les pentes auxquelles les vignes s’adossent
épargnent aux ceps les rafales de la bise.
Le brouillard y est rare et la pluie raisonnable.
Ainsi se trouvent réunies les conditions nécessaires à l’élaboration d’un bon vin :
température, ensoleillement et précipitations.
Et lorsqu’elles sont subtilement dosées
et harmonieusement associées, nous avons de grands vins.
Les terroirs
Ces arômes et ces saveurs propres à Lavaux.
L’extraordinaire variété des sols, en Lavaux,
explique la diversité des arômes et des saveurs de nos vins.
Et selon qu’elle tire ses substances nourricières
des terres arides, calcaires, rocailleuses, riches,
profondes ou argileuses, la vigne transmet au vin
les goûts de son terroir.
Le lent travail qui s’est exercé à la surface
et dans les entrailles de la terre,
au cours de millions d’années,
en a modifié la structure
et lui a donné ses particularités.
Sous de formidables pressions venues des profondeurs,
des masses rocheuses se sont bousculées et mêlées,
plissant de grandes étendues, comblant des marécages.
Puis des glaciers ont encore raboté, creusé et retourné
le sol en y déposant de grandes vagues de moraines
et de terre rocailleuse.
Alors l’homme se mettant au travail,
modèlera le coteau, façonnera la pente,
fera tenir la terre dans les charmus,
pour que de ce chaos naisse notre vignoble.
Le Chasselas
est ici chez lui, depuis le fond des âges.
C’est un cépage robuste qui se comporte bien
en sa terre d’élection.
Il possède en outre cette grande qualité
de laisser au vin son goût de terroir
sans lui imposer sa dominante.
Voilà pourquoi nos vins, tirés d’un même plant
peuvent être si divers : ils reflètent fidèlement
les sols où ils ont vécu.
Ils sont bouquetés, fruités et racés.
Mais la noblesse du chasselas laisse encore
s’exprimer les saisons, leur caprices
et l’art du vigneron.